Aperçu de la 1ère édition | réalisation: Mathieu Bouvier

L’Improvisation Summer School est une université d’été conçue pour offrir un espace à des pratiques et des savoirs nomades, aussi méconnus de circuler hors des réseaux institutionnels, que féconds de produire d’autres modes d’existence, de co-existence et d’action. Tenue tous les deux ans, elle désire abriter un vaste champ transdisciplinaire capable de réunir artistes et chercheurs autour d’un objet de recherche à la fois fortement spécialisé, et hautement irradiant : l’improvisation.

Un nouveau besoin d’improviser s’est fait jour dans les sociétés contemporaines: urgences climatiques, flex-sécurités économiques, hyper-fluidité communicationnelle, il semble qu’à tout moment il soit requis des travailleurs et des citoyens post-modernes de pouvoir agir au pied levé, de répondre toujours plus vite avec les moyens du bord. Bref : l’improvisation a le vent en poupe, mais comment la penser ? Celles et ceux qui sont le plus à même de nous initier à sa pratique et à ses énigmes – les improvisateurs – ne sont que très rarement consultés, la réponse éco(logique)-artistique qu’ils portent étant fort brouillée par les discours qui réduisent l’improvisation à un slogan éco(nomique)-marketing. C’est ce manque que cette école de recherches en improvisation entend pallier.

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1ère édition: DÉRIVATIONS
12-20 septembre 2019
Villa Arson, Nice

Portée par l’Université Côte d’Azur, l’Improvisation Summer School a tenu sa première édition à Nice en septembre 2019. Il s’agissait de la première université d’été dédiée à l’improvisation en France, réunissant un public international de 40 personnes – des étudiants, des théoriciens, des artistes ayant en commun de mener un travail de recherche sur les gestes improvisés. Pendant neuf jours, nous avons écrit, conférencé, pratiqué, conversé, archivé ensemble, et constitué les fondements d’une discipline qui commence en France à voir le jour : les études en improvisation – que nous avons envisagées à partir de l’expérience corporelle et de ses gestes.

Cette école de recherches en improvisation était un événement résidentiel, accueilli par l’école nationale supérieure d’art de Nice : nous dormions à la Villa Arson, mangions sur place, travaillions ensemble dans ses multiples espaces.

Le rythme était simple : une base somatique pour les matins ; des pratiques théoriques pour les après-midis ; des soirées performées pour les nuits.

  • Tous les matins, deux improvisateurs américains, Scott Smith et Nina Martin, nous ont guidés dans des Ateliers visant à rendre les corps disponibles à l’improvisation collective.
  • Dès le midi, les ateliers se prolongeaient sous la forme d’une pratique de Dérivation qui cherchait à mettre en mots ce que nous vivons en improvisant.
  • Les Provisions de l’après-midi proposaient des cours et des conférences théoriques invitant à dévier du sillon des savoirs déjà foulés. Anne Boissière, philosophe du sentir, tirait ainsi conséquences de l’improvisation vocale ; Asaf Bachrach, neurolinguiste, tâchait d’élaborer les linéaments d’une recherche-improvisation qui ferait pendant à la recherche-création ; Jean Clam, phénoménologue, méditait le déclin de l’improvisation verbale dans les sociétés contemporaines, à la faveur de ses nouvelles trajectoires corporelles; Carla Bottiglieri enfin, praticienne somatique et chercheuse en danse, regardait le visage et ses morphogenèses comme lieu possible d’indétermination dans la rencontre avec l’autre.
  • Les Imprévisions du soir ont enfin ponctué la semaine, complétées par deux journées de dérives collectives, qui ont permis d’accueillir ce qu’on ne pouvait prévoir : des performances collectives, des temps de synthèse, des labos, des conversations impromptues, des entretiens publics.

Nous avons tiré de cette rencontre des questions d’épistémologie, de formation et d’archives, le sentiment aussi d’avoir posé les premières pierres d’une communauté de praticiens-théoriciens de l’improvisation, tous intéressés à penser l’acte d’improviser à partir des savoirs experts et incorporés des artistes improvisateurs.

Au cœur de l’école, un espace était consacré à la consultation et à la fabrication de ressources sur l’improvisation. Bibliothèque, librairie, enregistrement d’entretiens, construction d’un site internet in situ, le Centre de Ressources en Improvisation était conçu avec le collectif de designers g.u.i, comme un lieu où laisser des traces et se questionner : comment archiver l’improvisation ? quel lieu de documentation et d’activation lui inventer ? Les étudiantes du Master Arts de Nice spécialisé en « Improvisation en danse » ont constitué pendant l’école un Labo Ressources, et ont accompagné la création de ce fonds documentaire, bibliographique et imaginaire sur lequel appuyer les études en improvisation. Nous continuons avec elles d’en éditorialiser les contenus et de le faire grandir jusqu’à la prochaine édition.


/ Comité scientifique et artistique /

Équipe de conception, d’organisation et de conduction : Asaf Bachrach, Romain Bigé, Marjorie Burger-Chassignet, Jean Clam, Federica Fratagnoli, Alice Godfroy, Jurij Konjar, Patricia Kuypers, Galaad Le Goaster, Mathilde Monfreux, Daniela Schwartz
Co-pilotage 1ère édition : Romain Bigé & Alice Godfroy
Initiatrice et meneuse du projet : Alice Godfroy

/ Partenariats /

L’Improvisation Summer School est un projet de l’Université Côte d’Azur (IDEX UCAJEDI, IDEX Académie 5, EUR CREATES).
Elle est portée par le Centre Transdisciplinaire d’Épistémologie de la Littérature et des arts vivants (CTEL EA6307), en partenariat étroit avec la Villa Arson – école nationale supérieure d’art.

Ce travail a bénéficié d’une aide du gouvernement français, gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre du projet Investissements d’Avenir UCAJEDI portant la référence n° ANR-15-IDEX-01