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L’Improvisation Summer School est une école d’été conçue pour offrir un espace à des pratiques et des savoirs nomades, aussi méconnus de circuler hors des réseaux institutionnels, que féconds de produire d’autres modes d’existence, de co-existence et d’action. Elle désire abriter un vaste champ transdisciplinaire capable de réunir artistes et chercheurs autour d’un objet de recherche à la fois fortement spécialisé, et hautement irradiant : l’improvisation. Et, ce faisant, participer à l’émergence d’un nouveau champ de recherche : les Études en improvisation.

Un nouveau besoin d’improviser se fait jour dans les sociétés contemporaines: urgences climatiques, états de guerre, crises sanitaires, flex-sécurités économiques, hyper-fluidité communicationnelle, il semble qu’à tout moment il soit requis des citoyen·nes post-modernes de pouvoir agir au pied-levé, de répondre toujours plus vite avec les moyens du bord aux nouvelles instabilités de notre temps. Bref : l’improvisation a le vent en poupe, mais comment la penser ? Celles et ceux qui sont le plus à même de nous initier à sa pratique et à ses énigmes – les improvisateurs – ne sont que très rarement consultés, la réponse éco(logique)-artistique qu’ils portent étant fort brouillée par les discours qui réduisent l’improvisation à un slogan éco(nomique)-marketing. C’est ce manque que cette école de recherches en improvisation entend pallier.

Portée par l’Institut Universitaire de France et l’Université Côte d’Azur, l’Improvisation Summer School (ISS) réunit tous les deux ans une quarantaine de personnes qui mènent à leur endroit (pédagogique, scientifique et/ou artistique) une recherche sur/avec/à partir de l’improvisation.

Elle défend une certaine éthique de travail, qui se traduit d’abord dans le format spatio-temporel de ses rencontres, à savoir : une plongée immersive, dans un cadre inspirant et sur un temps long (10 jours) qui inclut des plages quotidiennes de vacance (pour écrire, dormir, marcher, nager ou ne rien faire). Des temps d’ateliers, de laboratoires, de cours théoriques, de partage, d’écriture – des temps formels et informels. Le tout visant une qualité d’étude où chacun·e puisse poursuivre sa recherche personnelle en étant porté, déplacé, stimulé par celles des autres.

/ 2ème édition: TRANSMISSIONS /

La prochaine édition de l’ISS se tiendra du 7 au 16 septembre 2022 au Centre International de séjour des Îles de Lérins (Cannes, FR).

Après les « Dérivations » de l’édition 2019 qui avaient trouvé ancrage dans l’espace labyrinthique de la Villa Arson (Nice), l’école d’été se déporte sur une île et continue de filer sa poétique des lieux. L’île Sainte-Marguerite est une réserve biologique protégée, quasiment inhabitée, qui accueillera l’ISS dans les casernes réhabilitées de son ancien Fort royal.

Questionner les gestes de transmission là où, aujourd’hui, la circulation (automobile, vélo…) est interdite, là où, hier, rien ne se transmettait plus de part et d’autre des murs de la prison d’État, c’est jouer de cette insularité géo-militaire pour la retourner comme un gant : des eaux qui encerclent aux ondes qui se propagent, des forteresses qui enferment aux pratiques sans murs, du disciplinaire au transdisciplinaire. C’est prendre position, depuis cette insularité éco-satellitaire, pour observer le passage de gestes qui s’écrivent au présent.

« Les îles continentales sont des îles accidentelles, des îles dérivées : elles sont séparées d’un continent, nées d’une désarticulation, d’une érosion, d’une fracture, elles survivent à l’engloutissement de ce qui les retenait. […] Rêver des îles, avec angoisse ou joie peu importe, c’est rêver qu’on se sépare, qu’on est déjà séparé, loin des continents, qu’on est seul et perdu – ou bien, c’est rêver qu’on repart à zéro, qu’on recrée, qu’on recommence. Il y avait des îles dérivées, mais l’île, c’est aussi ce vers quoi l’on dérive, et il y avait des îles originaires, mais l’île, c’est aussi l’origine, l’origine radicale et absolue. Séparation et recréation ne s’excluent pas sans doute, il faut bien s’occuper quand on est séparé, il vaut mieux se séparer quand on veut recréer […]»

Gille Deleuze, « Causes et raisons des îles désertes », p. 11-12.

Les transmissions virales nous ont habitué aux gestes barrières, les télétransmissions nous ont habitué aux codes d’accès. Nombre de lieux de passage sont devenus des points de péage. 

Mais nous sommes faits – et nous sommes forts – de transmissions autrement désirables. Nous désirons des transmissions qui ne fassent pas de nous de simples relais d’informations, mais des vecteurs de transformation

Qu’est-ce que l’improvisation et la transmission nous apprennent l’une de l’autre ?  Comment transmettre une capacité à improviser ? Comment improviser un acte de transmission ?

Parce qu’il est, par définition, imprévisible et irrépétable, le geste improvisé ne saurait être transmis comme tel. Doit-on en conclure que l’improvisation est une pratique intransmissible ? L’improvisation ne peut être enseignée, dit Steve Paxton, mais on peut l’apprendre. C’est un apprentissage dans lequel on ne trouve évidemment aucune prescription de formes ou de contenus, mais une mise en culture des ressources et un exercice des ressorts. Il n’existe pas de techniques d’improvisation, mais des pré-techniques qui en favorisent l’essor : des pratiques exploratoires pour affiner ses perceptions, son attention, ses réactions, ses modes de relation à l’autre et au monde.

Cette seconde édition se propose d’être cette école mutuelle de nos transmissions, où devenir les étudiants les uns des autres. Que souhaitons-nous transmettre, et comment ? Comment remettre à l’ouvrage ce qui nous a été transmis ? Comment nous démettre de nos habitudes, de nos maîtrises, et transmettre ce qui nous transforme ?

[Argument de l’édition « Transmissions »]

/ Intervenant·es 2022 /

L’ISS est pensée et conduite par un collectif d’artistes et théoricien·nes, qui invitent d’autres intervenant·es à les rejoindre. Cette année, Asaf Bachrach (IL/FR), Carla Bottiglieri (IT), Mathieu Bouvier (F), Marjorie Chassignet-Burger (FR), Federica Fratagnoli (IT/FR), Alice Godfroy (FR) et Christine Quoiraud (FR) accueillent à leurs côtés sept chercheurs théoricien·nes et/ou artistes improvisateurs (danse et musique): Myriam Djemour (FR), João Fiadeiro (PT), Arnaud Halloy (FR), Lê Quan Ninh (FR), Emmanuelle Pépin (FR), Anne Querrien (FR), Loïc Touzé (FR).

[Présentation du collectif & des invité·es]

/ Appel à candidature / 

L’École s’adresse à un public averti de chercheurs, artistes, pédagogues, masterants et doctorants, engagés dans un travail de recherche sur / avec / à partir de l’improvisation.

Les candidatures pour la participation à l’École de recherche sont à envoyer au plus tard pour le 1er juin 2022. Plus d’infos: ici.

/ Comité scientifique et artistique / 

Équipe de conduction : Asaf Bachrach, Carla Bottiglieri, Mathieu Bouvier, Marjorie Burger-Chassignet, Federica Fratagnoli, Alice Godfroy, Christine Quoiraud 

Co-pilotage 2ème édition : Mathieu Bouvier & Alice Godfroy

Initiatrice et porteuse du projet: Alice Godfroy

/ Partenariats /

L’Improvisation Summer School est un projet de l’Université Côte d’Azur (IDEX UCAJEDI, IDEX Académie 5, EUR CREATES), et de l’Institut Universitaire de France (IUF). Elle est portée par le Centre Transdisciplinaire d’Épistémologie de la Littérature et des arts vivants (CTEL UPR 6307).

Ce travail a bénéficié d’une aide du gouvernement français, gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre du projet Investissements d’Avenir UCAJEDI portant la référence n° ANR-15-IDEX-01. 


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